Monsieur le Ministre,
Messieurs les Directeurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers collègues et amis,



Le colloque organisé par l' ASPP-PSP sur le thème "Police de proximité" démontre une nouvelle fois le dynamisme de cette organisation syndicale et combien elle a la capacité de mettre en œuvre des réflexions sur la profession de policier.

Ce colloque illustre que l'action de l'ASPP-PSP ne peut pas se résumer, comme certaines personnes au Portugal essaient de le faire croire, aux seules revendications socio-économiques.
L'ASPP-PSP a aussi la capacité de réfléchir et de contribuer à l'amélioration du service au public à travers l'amélioration des structures policières et de leur mode de fonctionnement. Il s'agit là d'une force de propositions que le Gouvernement portugais et le Ministère de tutelle de la Sécurité Publique ne doivent pas ignorer ou encore mépriser.

Permettez-moi de revenir quelques instants sur des points précis qui font l'objet de revendications, certaines récurrentes et d'autres liées à des changements récents dans le statut des policiers.

Le Conseil Européen des Syndicats de Police les considère comme des régressions sociales inadmissibles qui ont pour effet majeur de diminuer très sensiblement la capacité opérationnelle des services de la Sécurité Publique et donc la sécurité des citoyens. Cette critique s'appuie largement sur des études scientifiques reconnues.

L'âge de départ à la retraite.Les conditions de travail (locaux, équipements personnels et collectifs, etc.)Le manque de reconnaissance et d'appréciationLa protection santéL'absence des structures permettant une réelle négociation collective

L'âge de départ à la retraite:



L'allongement des années de travail des policiers a repoussé de 52 ans à 60 ans l'âge de départ à la retraite.

Une étude scientifique française met en avant les changements d'aptitude physique et psychique liés à l'âge, après 50 ans.
Parmi les modifications physiologiques constatées et qui ont un impact négatif important sur la capacité de travail il faut surtout retenir la diminution de la force musculaire, des capacités articulaires, des systèmes sensoriels et notamment visuel et de l'appareil cardio-vasculaire.



absentéisme - et fait augmenter sensiblement



2. Les conditions de travail (les locaux, les équipements personnels et collectifs, etc.)

Une étude finlandaise établit que les composantes préjudiciables de l'activité professionnelle sont autant les accidents professionnels que des éléments relevant de l'organisation du travail (Travail de nuit, situations de stress ou de surmenage, expositions climatiques, conflits, insatisfaction dans le travail, etc.) Les problèmes de santé en résultant touchent aussi bien l'état de santé physique et fonctionnelle, que la santé mentale.

L'ensemble des résultats de cette enquête suggère que les atteintes à la santé physique ou psychique surviennent plus fréquemment lorsque les salariés disent ne pas avoir les moyens de faire un travail de bonne qualité ou que le travail perd de l'intérêt.

Comment peut-on admettre qu'en l'absence de certains matériels (Menottes, ordinateurs, etc.) les fonctionnaires de la PSP s'équipent à leurs frais pour pouvoir exercer convenablement leur métier ou encore assurer leur sécurité.



3. Le manque de reconnaissance et d'appréciation

Cette même étude explique que la diminution de la capacité de travail est particulièrement liée au risque d'accident au travail, aux relations conflictuelles, à la peur de l'erreur ou de la faute, au manque d'influence sur son propre travail, au manque de développement personnel et tout particulièrement au manque de reconnaissance et d'appréciation.
Est-il réellement nécessaire de préciser quelles sont, parmi cette liste, les difficultés rencontrées par les policiers de la PSP dans leur travail quotidien et les rapports avec leur autorité de tutelle.



4. La protection santéJ'aborde ici la modification du régime de protection sociale imposé aux policiers portugais qui ont vu leur nouveau système d'assistance de santé exclure des ayant droits leur épouse. Comment peuvent-ils se résoudre à accepter que dans une même famille la protection sanitaire de ses membres soit à deux degrés !



5. L'absence de structures permettant une réelle négociation collective

Depuis 1999, j'accompagne avec attention l'actualité portugaise concernant la PSP et plus particulièrement les activités de l'ASPP-PSP membre du Conseil Européen des Syndicats de Police. Cette longue route a été ponctuée de plusieurs rencontres avec les Parlementaires portugais qu'ils aient été membres de l'opposition ou de la majorité en place.

Depuis trop longtemps le mouvement syndicaliste policier portugais est marginalisé. Depuis trop longtemps et malgré sa position de syndicat largement majoritaire, l'ASPP-PSP n'est pas considéré par les autorités politiques et administratives comme un interlocuteur avec lequel il faut compter.

Il est impératif qu'une véritable négociation s'instaure entre le Ministre de l'Intérieur et le syndicat majoritaire.

Les réunions organisées par le Ministère de l'Intérieur doivent devenir un véritable espace de concertation et de négociation et ne pas être seulement une "chambre d'enregistrement" des décisions ministérielles.

La sécurité est une chose trop importante pour faire abstraction d'un réel dialogue entre les autorités et les représentants de ceux qui ont la charge sur le terrain de cette lourde et périlleuse tache.
Je rappellerai ici que les Etats membres du Conseil de l'Europe, signataires de la Charte sociale européenne et de ses protocoles, se sont engagés à prendre des mesures propres à mettre en œuvre les droits sociaux garantis par la Charte.


Cet engagement implique que pour atteindre ce but tout doit être mis en œuvre par les Etats signataires pour assurer l'exercice effectif du droit de négociation collective et qu'ils doivent renforcer la participation des partenaires sociaux par la mise en place d'une réelle consultation paritaire entre les travailleurs et leur employeur.

La volonté clairement affichée depuis la promulgation de la Loi n. º 14/2002 du 19 février 2002, des Gouvernements portugais d'être sourds aux demandes répétées de l'ASPP-PSP - relayées au plan européen par le Conseil Européen des Syndicats de Police - a pour conséquence l'usage par le C.E.S.P. de sa capacité à introduire une réclamation collective pour l'application non satisfaisante de la Charte Sociale européenne par le Portugal.

Je suis convaincu que sous l'impulsion de l'ASPP-PSP ce colloque sera pour tous les participants l'occasion de mettre en œuvre un réel espace de dialogue fructueux et constructif sur le thème de la "Police de proximité".

Merci de votre attention.





Gérard GRENERON

Secrétaire Général du CESP



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